EXPOSITION

Sortir du rang
Dessins et images imprimées non conventionnels

19-04 > 15-05-21

Une exposition collective de dessins et images imprimées d'artistes invités qui sortent des sentiers battus par l'approche, la technique ou le support. Gravures, sérigraphies, monotypes, héliogravures, encre sur verre, dessins au noir de fumée…
Laissez-vous impressionner par ces propositions artistiques inattendues !

Hadrien BRUAUX
«Mon travail est une spéculation. Je cherche à amener les choses à côté d’elles-mêmes, à déloger les codes, à construire de nouvelles preuves. Je viens de la peinture et mon regard est teinté par elle. Mon travail est empreint des questionnements hérités de cette discipline et touche à l’image dans son sens littéral comme figuré. Je m’interroge sur ce qu’est l’image dans son statut comme dans sa matérialité, sur ce que nous faisons d’elle mais aussi ce qu’elle fait de nous. L’image ne peut faire l’économie de certaines problématiques telles que la représentation ou la perception. Cette première souvent empêche son autonomie et la deuxième renvoie aux discussions du vrai et du réel mais, surtout, nous amène à l’importance du regardeur. Mes recherches sont à l’instar de l’homme qui cassa une craie en deux pour essayer de comprendre d’avantage et eut la surprise de se retrouver face à deux questions plutôt qu’une réponse. Une des étapes de mon travail consiste à recueillir objets, images, et fragments de tous genres, des résidus souvent abandonnés, dont le choix ne répond pas à des critères spécifiques mais est de l’ordre de la rencontre. En l’état, ces objets ont perdu leur usage premier. Ils deviennent alors matière brute sur laquelle j’interviens directement ou indirectement afin de la remodeler, et de la réinscrire dans une structure signifiante».
http://hadrienbruaux.com

Sabine DELAHAUT
«Le travail présenté ici est un hommage au Guernica de Picasso dont j’emprunte les figures dramatiques pour les insérer dans mes compositions où se côtoient et dialoguent différentes esthétiques, cultures et époques ; traçant un parallèle entre la tragédie vécue par les habitants de Guernica, celle de ma famille durant la seconde guerre mondiale, et celle des victimes des génocides passés et actuels. A la manière d’un puzzle, j’imbrique entre elles les silhouettes humaines et animales, témoins impuissantes de l’histoire. L’utilisation du noir et blanc simultanément à la couleur inscrit ces événement traumatiques dans le passé autant que dans le présent. Dans l’élaboration de mes dessins, il y a - dans un premier temps - l’utilisation des outils de gravures qui marquent le papier directement, le scarifient en quelques sortes. C’est un besoin qui fait écho à celui, ancestral, de laisser sa trace, dans la pierre, sur des stèles… D’y graver notre mémoire. Dans un deuxième temps, je dessine à l’aide de crayons de couleur, autant symboles de l’innocence liés à l’enfance et à sa légèreté, que vecteurs de messages forts, terribles et douloureux menant à la catharsis. Dans les gravures, également, j’aime cette perméabilité entre les frontières. Ici aussi, les graphismes colorés se superposent à mes compositions en noir et blanc parfois rehaussées manuellement.»

Luc D’HAEGELEER
«Avant tout je suis photographe, un photographe marcheur. La nature est ma source d'inspiration privilégiée, parfois aussi la ville et les gens qui m'entourent, et la photographie elle-même. Transmettre la vision qu'on a eu au moment de la prise de vue nécessite une interprétation de la trace chimique sur la pellicule ou de l'information numérique d'un fichier. J'applique pour sa représentation différentes techniques suivant les projets que je développe: le tirage baryté, l'impression jet d'encre, la sérigraphie, l'héliogravure. Cette dernière dont je montre ici quelques réalisations est devenue un de mes procédés préférés ces dernières années. C'est un des plus anciens systèmes pour reproduire l'image photographique en série, elle est une pratique très rare aujourd'hui. Regarder une héliogravure transporte immédiatement n'importe quel spectateur au 19e siècle. Cette prédestination relègue inconsciemment l'héliogravure dans les replis de l'histoire avec en sus qui s'accroche à elle le reproche d'avoir voulu singer la peinture à une époque où la photographie mettait toute son énergie à gagner son émancipation. Pour moi cela ne justifie pas son abandon et je la trouve pertinente pour nombre de mes images. Mais la raison principale de mon attachement à l'héliogravure tient à la patience et à l'acceptation de l'intrusion du hasard qu'elle exige du praticien, au rituel qui l'entoure. La lenteur inhérente au procédé me procure présence, concentration et apaisement. Enfin, de la manière dont je la pratique, elle associe les techniques les plus anciennes aux plus contemporaines allant de la maîtrise des dernières applications informatiques ou de l'usage des ultras violets à l'antique presse à taille douce en passant par la chimie du cuivre et des acides. Comme c'est le cas pour d'autres pratiques artistiques, cette intégration de l'art et des sciences, de la réflexion intellectuelle et de l'intimité tactile avec la matière donne à mes yeux toute sa richesse à l'héliogravure.»
http://lucdhaegeleer.be/

Carl EMMERECHTS

«D’abord les éléments, un processus, un réservoir de temps. Puis le dessin. Un geste, réduit, minime. Toujours le dessin. Il impose la lenteur et la lenteur comble l’espace dans sa durée. Puis imprimer, recommencer, imprimer. Les rouages se mettent en place. La machine tourne. Plus rien à dire, à penser, à choisir. Spectateur libéré, face à un monde qui naît, immanent, déterminé mais improbable. Tout évènement quelque contingent ou quelque volontaire qu'il puisse sembler est produit nécessairement. Comment dire l’essence du travail, qui par nature ne devrait que signifier, sans le dénaturer par la forme. La forme est pourtant utile car pour dire, il faut séduire ou du moins tenter. Tenter ? Et encore… puisque je ne sais pas où je vais mais seulement comment j’y vais. Je crains de faire une chose qui soit inaccessible ou qui ne soit accessible qu’aux sentiments.»

Muriel PEERS
«Pour cette série de dessins au noir de fumée intitulée Ars Moriendi, je suis partie de gravures sur bois très célèbres au 15ème siècle qui évoquent « l’art du bien mourir ». Au moment du trépas, le mourant - son âme surtout - se situe entre deux mondes, l’ici et l’au-delà. Il est tiraillé entre les anges, les saints et les démons qui lui dictent chacun des comportements opposés. Outre la richesse et la puissance iconographique des images de référence, notamment la fantaisie graphique des diables, ce qui m’intéressait était l’intensité, la durée, l’épaisseur presque, de ce souffle dernier. Au final cet homme est effrayé, car il en est ainsi au Moyen-Âge, aussi bien de la mort, de l’Eglise, de Dieu que du Malin. Et il est seul, tiraillé. Comment ne pas avoir d’empathie ? Aujourd’hui ces représentations prêteraient à rire si, au fond, elles ne questionnaient pas, encore et toujours, notre propre rapport à la disparition, à nos peurs. C’est pourquoi se sont glissées dans les dessins des figures réconfortantes, parfois évanescentes, issues d’un récit personnel. Entre l’histoire lointaine, collective, et la mémoire présente, singulière, le temps se travaille par couches volatiles, confuses, infimes, infinies, qui jamais ne se recouvrent entièrement. Laissant apparaître – occasionnellement - des bribes d’accalmie et d’intelligibilité.»

Amélie VIDGRAIN
«J’observe l’infime, le négligeable et les empreintes du temps qui passe. Je recense, répertorie, agence, mets en images et en scène des collections, des suites. Je chercher, je risque, j’abandonne, je formule autrement. Des rêveries, des intentions, des formes. Je m’amuse à tromper. Je privilégie la diversité des expressions. Comme une expansion aléatoire et réticulaire. Je créer des connexions entre les lieux de l’imagination et ceux du réel. Je (re)présente toutes choses, autant qu'il se peut faire, aux sens qui leur correspondent. J’apprends à connaître les choses visibles par la vue, les sons par l'ouïe, les odeurs par l'odorat, les choses sapides par le goût, les choses tangibles par le toucher…»
https://amelievidgrain.ultra-book.com/


Cette exposition dépend évidemment des protocoles sanitaires en vigueur !

UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS !  INSCRIPTION OBLIGATOIRE !

PLAGES HORAIRES POSSIBLES :
LUNDI - MARDI - JEUDI :
10h30 > 11h30/12h30 > 13h30/15h00 > 16h00/16h30 > 17h30.
MERCREDI - VENDREDI : 10h30 > 11h30/12h30 > 13h30/15h00 > 16h00/16h30 > 17h30/18h00 > 19h00.
SAMEDI : 15h00 > 16h00/16h30 > 17h30/18h00 > 19h00.

 Inscription au minimum 24h00 à l'avance au 083 21 65 65 ou culture@ciney